Défiscalisation du travail étudiant : il y a d'autres priorités
L’UNEF se félicite que l’action en direction des étudiants soit élevée au rang de priorité budgétaire par le nouveau ministre Xavier Bertrand. La situation sociale dégradée des étudiants nécessite en effet des mesures d’urgence. Si la défiscalisation du travail étudiant participe d’un bon objectif, elle est loin d’être la priorité. Des concertations doivent s’ouvrir rapidement pour envisager les mesures à prendre avant la rentrée.
Un objectif juste : ne pas pénaliser les boursiers
L’UNEF partage un des objectifs avancés par M. Bertrand : les 200 000 étudiants boursiers contraints de prendre un job du fait de l’insuffisance des aides ne doivent pas voir baisser leurs bourses en retour. Il serait en effet nécessaire, comme le suggère le ministre, d’exclure les revenus des jobs étudiants du calcul des aides, lui-même réalisé à partir de la déclaration fiscale.
La fiscalité : un mauvais levier
Dans leur immense majorité les étudiants ne payent pas d’impôt. Ils ne verront donc pas augmenter leur pouvoir d’achat. Le dispositif d’exonération des revenus du salariat agira comme une énième mesure en direction des familles, ne donnant pas les moyens aux étudiants de leur autonomie.
Le levier de l’exonération fiscale est particulièrement injuste : il aide davantage les familles les plus aisées. Au titre des étudiants, l’Etat dépense déjà chaque année davantage en exonération fiscale à destination des 50% de familles les plus aisées (1.7 milliards d’Euros) qu’il ne met de moyens en direction des étudiants issus de milieux modeste via le système de bourse (1.3 milliards). La mesure envisagée accentuera encore cette injustice.
On ne peut se satisfaire du salariat étudiant
Le salariat étudiant nuit à la réussite (40% d’échec en plus) et est incompatible avec la poursuite d’études supérieures dans de bonnes conditions. On ne peut donc s’en satisfaire. Si 800 000 étudiants travaillent pour financer leurs études, c’est avant tout parce que le système d’aides sociales est insuffisant.
Les moyens dont dispose le gouvernement doivent être consacrés prioritairement à l’augmentation du nombre et du montant des bourses, ainsi qu’au gel des droits d’inscriptions à l’université : ces mesures permettraient d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat constatée ces dernières années.
L’UNEF demande que des concertations s’ouvrent rapidement pour envisager des mesures sociales d’ampleur en direction des étudiants qui pourraient être effectives dès la prochaine rentrée universitaire.
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