Imposons nos choix en votant !

Contre le tournant populiste et xénophobe de la campagne, votons en masse le 22 avril 2007 et le 6 mai !
Des débats inquiétants
A quelques jours du 1er tour de l’élection présidentielle, nous sommes inquiets par la tournure que prend la campagne électorale : attaques contre les immigrés et les étrangers, exaltation de l’identité nationale ou encore eugénisme. On oppose les banlieues aux villes, les générations entre elles, les jeunes entre eux, les français aux immigrés, et l’on organise la société par groupes d'origine, de nationalité, de religion. Ces discours, loin de se limiter à des petites phrases, constituent des attaques en règles contre les valeurs qui fondent notre république et pour lesquelles les jeunes se sont mobilisés ces dernières années.
Loin de réduire l’espace électoral du Front National, ces discours le renforcent et le banalisent, contribuant à la « lepénisation des esprits ». Ainsi, les causes profondes (précarité, crise démocratique, etc.) qui ont conduit au résultat du 21 avril 2002, et à l’arrivée de Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle, sont loin d’être derrières nous. Contrairement à 2002, nous refusons que ce schéma se reproduise et nous voulons que nos aspirations trouvent un débouché au second tour.
Lutter contre la crise sociale,
démocratique et générationnelle
Depuis plusieurs décennies, l’horizon dans lequel grandit la jeunesse semble être celui d’une précarité indépassable. Si les situations sont diverses, l’ensemble des jeunes, salariés, jeunes en insertion, étudiants, sont concernés par une baisse constante du pouvoir d‘achat, des difficultés liées au logement, à la santé, liée une période d’instabilité toujours plus grande à l’entrée du marché du travail. La politique menée ces dernières années, conduit ainsi à une casse progressive des solidarités collectives (affaiblissement de la sécurité sociale, des retraites, suppressions de postes dans la fonction publique…).
Sur fond de crise sociale se développent une crise démocratique et générationnelle.
La jeunesse doit être entendue
Les jeunes, engagés plus que jamais dans toutes les batailles, dans le mouvement social et dans le mouvement associatif, ont fait preuve de leur volonté de changer les choses. Nous voulons réaffirmer les valeurs d’égalité et de solidarité, et nous voulons que les responsables politiques entendent le message que nous avons envoyé en nous mobilisant à de nombreuses reprises depuis 2002. La jeunesse a besoin d’être considérée, d’avoir un vrai statut et les moyens d’étudier et de s’insérer professionnellement. La jeunesse a exprimé son refus de la précarité et des politiques libérales, et son souhait d’une répartition des richesses plus juste. La jeunesse s’est toujours mobilisée contre le repli sur soi et les discriminations, pour une société métissée ouverte et tolérante. Alors quand on veut nous vendre un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, quand on nous parle de discrimination positive, quand on nous explique qu’il n’y a d’autre choix que d’aimer la France ou de la quitter, nous répondons « la France métissée, on l’aime et y vit ! ».
Les élections présidentielles sont donc un enjeu majeur pour notre génération. Alors que les jeunes s’étaient majoritairement abstenus en 2002, il nous faut nous en emparer pour choisir dans quelle société nous voulons vivre demain et traduire notre mobilisation dans les urnes.
Dans la rue comme dans les urnes, les jeunes et l’UNEF se mobiliseront pour que des réponses soient apportées à nos attentes et à nos besoins et pour démontrer notre attachement aux valeurs de la République : la tolérance, la liberté, l’égalité et la fraternité.
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